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Infirmiers comMéthode pédagogique à part entière, la simulation en santé se développe de plus en plus dans les formations initiales et continues des professions de santé. « La simulation consiste à répéter sans risquer les conséquences d’une erreur, les paroles, gestes ou savoir-faire qu’il faudra maîtriser dans des situations réelles futures. C’est une technique d’apprentissage des procédures complexes » (Beau, 1999).

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Séquence de simulation haute-fidélité à l'Institut de Formation
en Soins Infirmiers et d’Aides-Soignants d'Annecy (Haute-Savoie).

Qu’est-ce que la simulation en santé ?

La simulation en santé peut se définir comme « l’utilisation d’un matériel (comme un mannequin ou un simulateur procédural), de la réalité virtuelle ou d’un patient standardisé, pour reproduire des situations ou des environnements de soins, pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des situations cliniques ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels » (America’s Authentic Government Information, 2009). Elle permet de s'entraîner ou de découvrir à de nombreuses applications comme par exemple les gestes techniques (les soins d’hygiène et de confort, la pose de bas de contention…), l’entretien d’accueil (recueil de données, réalisation de la macro-cible d’entrée…) ou encore le travail d’équipe (communication, gestion de crise…).

Différentes techniques

Dans le secteur des formations sanitaires, plusieurs techniques de simulation sont utilisées.

  • La simulation procédurale : apprentissage de gestes issus d'une procédure (gestes techniques, chirurgie...) à l'aide de mannequins partiels (bras, torse...).
  • La simulation « pleine échelle » ou haute-fidélité : contextualisés dans un environnement proche du réel (bloc opératoire, salle de soins intensifs, ...) et basés sur des cas cliniques concrets, les simulateurs haute-fidélité (mannequins grandeur nature (adulte, enfant, nourrisson) réalistes et pilotés par ordinateur) mettent les apprenants en situation pour notamment répondre à des situations de crise en équipe pluridisciplinaire.
  •  Le patient standardisé ou simulé : jeu de rôle réalisé par un apprenant ou un acteur afin de simuler des communications à enjeux forts (consultations d'annonce, entretien d'accueil, ...), des problématiques d'équipe hospitalière (management) ou encore des éducations thérapeutiques.
  • La simulation hybride : c'est une combinaison d'un patient simulé et d'une partie de mannequin (bassin d'accouchement par exemple), et « contextualisées, ces associations permettent d'obtenir les impressions du patient et de donner des sensations au stagiaire ; dans ce cas, ces méthodes seront qualifiées de haute-fidélité » (Granry , Moll, 2012).
  • La simulation de masse : « simulation pleine échelle à grande échelle » (Bonnetain, Thuez, Cordeau, Lombardo, 2013) afin de simuler des événements exceptionnels de grande ampleur de type catastrophe.
  • La réalité virtuelle basée sur des interfaces écran : « ce type de simulation permet d’appréhender des situations complexes, ou d’étudier des concepts illustrés de manière plus concrète par des modèles informatiques » (Granry, Moll, 2012) afin de s'entraîner à implantation de sondes de simulation, analyse des électrocardiogrammes ou encore la manipulation d'instruments.
  • Les serious game  : jeux vidéo en santé basé dans un but d'apprentissage.

Déroulement d'une séquence en simulation

Qu'est-ce qu'une séquence de simulation ?

La simulation répond à une méthodologie précise qui se décompose en plusieurs étapes résumées dans le schéma ci-dessous et qui peut être répétée par plusieurs séquences au cours d'une formation. Elle s'intègre dans le curriculum des formations, au même titre que les autres méthodes pédagogiques. La simulation en santé est complémentaire à ces dernières. Basée sur un scénario pré établit, la situation simulée vise un objectif pédagogique.

Briefing de séquence → Séance de simulation → Débriefing de séquence

Les formations par simulation sont toujours précédées par un briefing général et un débriefing général conclut toujours la formation.

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Intérêts et limites de la simulation

D'après le Docteur Truchot-Cardot (2011), la simulation :

    améliore les performances et les compétences cliniques ;
    renforce la capacité des apprenants à analyser leurs performances et celles des autres ;
    réduit le niveau de stress et renforcement de la confiance en soi ;
    apporte une expérience relativement cohérente des apprenants...

On peut également noter :

    une participation active des apprenants ;
    la réalisation de soins réels sur simulateurs ;
    la reproductibilité des séquences ;
    la possibilité de simuler des problèmes cliniques et critiques peu courants...

Les limites recensées dans la littérature sont les suivantes :

    le coût élevé des simulateurs (achat, entretien et mise en marche) ;
    des limites la réalité « technologique » (peau de mannequin en plastique…) ;
    une activité chronophage : travail de conception, tests, mise en œuvre ;
    une tendance à créer une hyper-vigilance ou précaution exagérée de la part des apprenants ;
    la nécessité de former des formateurs et instructeurs « spécialisés »...

Pour conclure

La simulation en santé ne présente aucun risque pour le patient. Cette méthode utilisée pour les formations initiales et continues, permet de développer le raisonnement clinique, l’apprentissage des procédures, ou encore de communiquer dans diverses situations et notamment dans les situations de crise. L’apprenant est donc acteur de la formation dans une dynamique suggérée par les situations de soins proposées.

Source et Bibiographie : Infirmiers.com

Pour aller plus loin

Le 11 mai 2016 à Paris - « La Simulation numérique : une Nouvelle Réalité de la formation en santé »

Jeux sérieux, mondes virtuels pour l'enseignement médecine et santé