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L AtelierBNPPLa transformation numérique de l’hôpital en France est une révolution majeure quand on sait que 4,2% du PIB français proviendrait du secteur hospitalier selon une étude IPSOS pour la FHF en 2015. Lors de la Paris Healthcare Week 2016, la table ronde “Hôpital de demain, quelle place pour l’humain?” s’attaquait aux barrières qui se dressent encore pour permettre aux hôpitaux de véritablement passer à l’étape supérieure. A lire dans l'Atelier.

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L’hôpital a encore du chemin à faire dans le traitement de la donnée - L'Atelier - 25 mai 2016

Il en ressort que la France lutte pour rattraper son retard en matière d’adoption de la e-santé en millieu hospitalier et que la sécurité des données reste une source importante de préoccupation. Mais, portée par le personnel et leurs initiatives, la transformation digitale de l’hôpital est définitivement en marche.

Les responsables hospitaliers déplorent la mise en place tardive de l’e-santé

Car en effet le personnel est le premier impacté par les avancées technologiques et la masse de plus en plus importante d’informations à manipuler. Et nombreux sont ceux qui déplorent un retard historique dans le traitement de celles-ci, entraînant un retard plus global dans la transformation de l’hôpital du futur. Pour Monique Sarantino, Directrice des hôpitaux de Villefranche, “nous n’allons pas assez vite dans le domaine de l’e-santé. Il existe pourtant des moyens de gagner du temps pour la relation soigné / soignant. Par exemple en mettant en place un dossier médical du patient numérisé accessible à tous.”

Une demande qui revient fréquemment est de faciliter la communication entre l’hôpital et la médecine de ville, chose possible avec une plus grande numérisation et de meilleurs réseaux de communication. Selon Muriel Londres, coordinatrice adjointe d’un collectif d’associations dans la santé: “Le patient devrait aussi avoir accès à ses données de santé et être accompagné pour la lecture de celles-ci. Cela lui permettrait de gagner en autonomie.” Cependant, l’accès aux données de santé pour le praticien et le patient devra se faire en assurant la sécurité de celles-ci, domaine dans lequel des avancées restent à faire.

La sécurité des données n’est pas sans causer des inquiétudes

Baptiste Beaulieu, médecin généraliste et écrivain livre ses doutes: “Il m’arrive parfois de fermer mon logiciel de prise de rendez-vous entre deux patients au cabinet, puis de me rendre compte en allant sur Facebook que celui-ci me propose des patients dans la rubrique “Vous connaissez peut-être…”. Comment Facebook a-t-il pu se procurer ces données ? C’est une question que je me pose encore et qui m’inquiète.” Il donne également l’exemple de patients qui reçoivent des courriers avec des résultats de biopsie et qui, lors recherches sur internet pour mieux comprendre ce qui leur arrive, voient ensuite des fenêtre pop-ups s’afficher avec des publicités mortuaires. “Tout cela est lié aux algorithmes bien sûr mais ça nous amène à nous questionner.” continue-t-il.

Lors de la table ronde, il a également évoqué d’autres dérives comme aux Etats-Unis où un frigidaire connecté à envoyer un compte rendu alimentaire de son client à sa mutuelle qui a trouvé qu’il mangeait trop gras et a donc demandé une réévaluation du montant de cotisation qu’il devait payer. Muriel Londres s’interroge aussi sur le phénomène des ransomwares aux Etats-Unis où des pirates volent les données de santé des hôpitaux et demandent ensuite des rançons en échange. Elle ne voit pas non plus d’un très bon oeil les partenariats de Google avec des hôpitaux anglais dans le cadre de l’application Google DeepMind.

La question des données des patients et de l’usage qui en est fait reste primordiale pour tous les professionnels du secteur de la santé. Mais le tableau n’est pas non plus noir, les hôpitaux font preuve de créativité pour gérer les mutations numériques qu’ils rencontrent en inventant des emplois jusqu’alors inexistants et des concepts novateurs.
Le besoin de nouveaux métiers et de nouveaux concepts se fait sentir

Cédric Arcos, délégué général adjoint de la Fédération Hospitalière de France, dresse le bilan: “Nous dépensons 220 milliards d’euros dans le secteur de la santé par an en France et 70% des budgets sont pour les frais de personnel. On étouffe notre système de santé sous une chape de plomb administrative. Il faut redonner du pouvoir aux équipes et arrêter de tout vouloir centraliser. Les règles ne peuvent pas être les mêmes partout. Nous avons parfois besoin de recruter des métiers qui n’existent pas administrativement par exemple et cela nous bloque alors que ces nouvelles compétences seraient nécessaires à l’hôpital. Il faudrait par exemple inventer le métier d’accompagnateur de parcours.”

Mais ce sont aussi des nouveaux concepts qui sont souhaités par les directeurs d’hôpitaux. Monique Sarantino explique: “Je veux travailler sur le concept de l’hospitalité virtuelle. Cela veut dire améliorer la prise de rendez-vous sur internet, avoir des réponses rapides, créer une sorte de standard amélioré. Cela implique aussi la facilité d’utilisation des logiciels par les personnels soignants. Nous avons déjà lancé de nouvelles idées comme celle des hôtels hospitaliers qui permettent aux patients d’être accueillis dans de meilleures conditions et d’être plus proches du centre de soins pour ceux qui n’ont pas besoin de soins spécifiques durant la nuit.”

Pour autant, cette frustration des personnels soignants sur la lenteur de la mise en place des révolutions numériques ne se ressent pas forcément sur les patients. Ils sont 80% à estimer que l’hôpital public est à la pointe des nouvelles technologies selon la même étude d’IPSOS. “Les hôpitaux sont des organisations profondément humaines, et donc profondément imparfaites. Mais il y a quand même du changement, maintenant des équipes ont pour seul but l’amélioration des pratiques hospitalières.” conclut Cédric Arcos.

Source : L'Atelier : L’hôpital a encore du chemin à faire dans le traitement de la donnée

L'étude IPSOS pour la FHF

Le programme complet de Paris Healthcare Week du 24 au 26 mai 2016

La participation de l'association FORMATICSanté au Paris Healthcare Week côté salon infirmier